Affaire Fiona : les nouvelles révélations sur Cécile Bourgeon et Barkane Makhlouf

Cécile Bourgeon et Barkane Makhlouf, la mère et le beau-père de la petite Fiona, ont été….Afficher la suite.

rejugés lundi en appel devant la cour d’assises de Haute-Loire. De nouveaux témoignages glaçants dessinent petit à petit les portraits des présumés bourreaux.

«Je n’ai pas tué Fiona». Au premier jour de leur procès en appel devant les assises de Haute-Loire, la mère de la fillette et son ex-compagnon, jugés pour coups mortels, ont de nouveau clamé lundi leur innocence. Emmitouflée dans un épais gilet beige à fanfreluches, Cécile Bourgeon a semblé dormir pendant la lecture des faits, le visage bouffi encadré de longs cheveux blonds. Elle a ensuite pris la parole, interrogée par le président de la cour, Étienne Fradin.

« Je n’ai pas su protéger ma fille »

«Je n’ai jamais maltraité mes enfants. J’ai échoué en tant que mère, je n’ai pas su protéger ma fille […] mais je vais être honnête, Monsieur le Président, si Berkane Makhlouf (son ancien concubin, NDLR) avait commencé à la taper, je l’aurais quitté», a assuré la jeune femme de 31 ans, les yeux ourlés de noir et les ongles peints en rouge. «Que je sois en prison ou dehors, j’ai pris perpétuité. Fiona, elle ne reviendra jamais. Je vais devoir vivre avec ça. La question, c’est : est-ce que je vais y arriver ?», s’est interrogée celle qui a tenté de mettre fin à ses jours en prison durant l’été.

Un peu plus tôt, Berkane Makhlouf, moins hébété par les médicaments qu’en première instance selon son avocat, l’avait devancé dans ses dénégations en prenant la parole sans y être invité. «Je suis écœuré par rapport à ça (sa condamnation en novembre dernier, NDLR). J’ai pris 20 ans comme un criminel alors que je n’ai pas tué Fiona. Cécile, elle a reconnu avoir menti […] On m’a sali, je veux vraiment que la lumière soit faite», a lancé l’accusé volubile, au visage glabre, vêtu d’un épais pull gris.

Makhlouf : bourreau d’enfant ou « tonton » adorable ?

Il demande à ne pas être jugé sur son passé violent, avec des adultes uniquement. «C’est verrouillé dans ma tête, je m’en prends pas aux enfants», a-t-il martelé. «Je jouais avec Fiona dans le couloir, je l’emmenais à l’école, je faisais le cheval, je jouais au Mikado, à la console», a énuméré l’accusé qui évoque «des moments de bonheur» en famille. «C’était un ange cette gamine, j’avais pas du tout lieu d’être violent avec elle, tout ce que je me suis permis, c’est de lui donner une petite tape sur les fesses.»

Mardi, les témoignages ont tenté de cerner la personnalité de l’ex-compagnon de la mère de la fillette : «Manipulateur pervers», «jaloux», «paranoïaque», «impulsif»… Les adjectifs ne manquent pas à deux anciennes compagnes pour décrire la noirceur du caractère de l’accusé de 37 ans. Toutes deux décrivent la même spirale infernale. Les débuts idylliques, «beaucoup trop beaux» les premiers mois. L’homme est «attentionné», «drôle», «touchant»… avant de les terroriser, ont-elles raconté.

« Il me tirait par les cheveux »

«Il me donnait des coups de poing, des claques, me tirait par les cheveux […] Il m’enfermait à clef quand il partait faire une course. Il pouvait tout casser dans la maison», a énuméré l’une des témoins, au bord des larmes, avant d’ajouter : «Ma relation avec lui a été un enfer. Il m’a traumatisé. Il plonge sa victime dans une relation fusionnelle, une addiction, accuse une autre à la barre. Puis c’est une longue descente aux enfers avec des violences physiques, psychologiques.»

«Tu la tiens ta vengeance, là !», lui a lancé en retour Berkane Makhlouf, qui prend la parole sans crier gare à chaque témoignage. Mais quand il s’agit de sa relation avec les enfants, le portrait est plutôt élogieux. «Il était irréprochable. Les enfants l’adoraient. Je savais qu’il aurait été un super papa. C’est ce qui m’a plu chez lui», a assuré une des anciennes concubines. «Jamais il n’a été violent avec ma fille», a reconnu l’autre.

Une tentative de suicide à l’âge de 8 ans

Pour son frère, entendu également par la cour, Berkane Makhlouf est «lui-même un enfant» et «n’aurait jamais fait de mal» à Fiona. Il a raconté dans le détail l’enfance de l’accusé baignée dans un climat de violence, le mal-être d’un garçon de 8 ans qui tente de se défenestrer. Un homme fragile, «benêt», «suiveur», toxicomane qui multipliait les «crises de nerfs» lorsqu’il était «en manque». Mais auquel il confiait sans problème ses enfants qui adoraient leur «tonton». Et qui aurait pu «filer droit» s’il n’avait pas connu «cette fille-là», a dit le frère en désignant Cécile Bourgeon.

Vingt ans de réclusion criminelle

Le 12 mai 2013, Cécile Bourgeon, enceinte de son troisième enfant, avait signalé à la police la disparition de Fiona dans un parc de Clermont-Ferrand, un mensonge que le couple avait maintenu pendant plusieurs mois avant d’avouer sa mort en se rejetant mutuellement la faute.

En première instance, elle a été condamnée à cinq ans de prison par la cour d’assises du Puy-de-Dôme, Berkane Makhlouf à 20 ans de réclusion criminelle. Le parquet général avait fait appel.

Source: Paris Match.

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