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Des chercheurs alarment sur l’invasion de vers géants dans les jardins français



 

Venus d’Asie, les bipaliinés peuvent mesurer jusqu’à 40 centimètres.

Des chercheurs alertent cette semaine, dans un article scientifique publié par la revue PeerJ, sur la propagation en France de plusieurs espèces de vers géants qu’ils jugent inquiétante en terme d’impact sur la biodiversité. Ces espèces invasives venues d’Asie, les bipaliinés, voyageraient depuis plusieurs années avec les plantes exotiques sans que des mesures soient prises pour enrayer le phénomène, déplorent les auteurs.



Ces vers appartiennent à la famille des plathelminthes, dont certaines espèces de taille modeste (inférieure à 1 cm) sont autochtones en Europe. Leurs cousins invasifs, bipaliinés ou « vers plats à tête de marteau », dépassent quant à eux les 20 cm et ont un aspect repoussant. Deux des cinq espèces identifiées en France peuvent mesurer jusqu’à 40 cm.



« Bien que l’invasion ait commencé il y a 20 ans – certains témoignages remontent jusqu’en 1999 -, les chercheurs n’ont trouvé aucune publication scientifique sur la présence de bipaliinés en France. Il est paradoxal que l’invasion d’un pays développé, en Europe, par des animaux aussi spectaculaires, n’ait attiré l’attention d’aucun scientifique ni d’aucune institution », écrit dans un communiqué le Muséum d’histoire naturelle, associé aux travaux.

Menace sur les lombrics

Tous les bipaliinés paralysent leurs proies grâce à un mucus toxique, comprenant de la tétrodotoxine, un neurotoxique mille fois plus actif que le cyanure. Ils peuvent s’attaquer à des animaux pesant jusqu’à 50 fois leur poids et sont friands d’escargots et de vers de terre.



Or, les lombrics sont des « ingénieurs » : ils creusent des galeries qui aèrent le sol et permettent la circulation de l’eau. « L’impact de leur disparition, autant pour les systèmes agricoles que naturels, serait un désastre », rappelle le Muséum. « Ils représentent sans aucun doute une menace pour la biodiversité mais son intensité n’a pas encore été évaluée », ajoute-t-il.

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Un diversibipalium bleu, trouvé à Mayotte./Laurent Charles / CC BY-SA

A noter que ces animaux qui pullulent se reproduisent par scissiparité : un morceau se détache de l’arrière de l’animal et se transforme en adulte. Comme le souligne le Muséum, cette forme de reproduction asexuée est un « moyen efficace pour une espèce invasive d’envahir rapidement un territoire ». « Cela signifie aussi que chaque ver est potentiellement immortel », explique Jean-Lou Justine, chercheur du Muséum, dans un article publié sur le site The Conversation, dans lequel il détaille les résultats des travaux.



Un appel aux bonnes volontés

La traque nationale a commencé en 2013 quand Pierre Gros, un amateur, découvre dans son jardin de Cagnes-sur-Mer, dans le sud-est de la France plusieurs Plathelminthes terrestres. Pour le Muséum, il y a urgence à prévenir la prolifération en Europe de ces animaux envahissants.Ne pouvant pas « aller visiter des milliers de jardins », Jean-Lou Justine lance un appel à témoins sur Internet et dans les médias. « Le ver plat invasif est assez facile à reconnaître. Il est un peu aplati, noir avec deux bandes dorées », précisait dans sa demande le Muséum national d’Histoire naturelle.« Ce n’est pas du tout un ver que l’on a l’habitude de voir dans son jardin. Ils sont hors normes », confirme Geneviève Rolland-Martinez, passionnée de jardinage, qui alimente le Muséum en photos et en spécimens depuis 2017. « Quand je montre ces bestiaux en photo, ça fait fuir les copains ! »



Les Pyrénées-Atlantiques infestées

Rapidement, huit spécimens de Platydemus manokwari, une espèce de Plathelminthes terrestres classée dans la liste des 100 espèces exotiques les plus envahissantes au monde, sont débusqués dans une serre du Jardin des Plantes de Caen, en Normandie.Cinq ans et 700 contributions d’anonymes plus tard, dix espèces ont été identifiées en France, dont cinq à tête « en marteau » sur lesquels se concentre la publication de la revue PeerJ. Geneviève Rolland-Martinez, de Pau, a déniché des Bipalium kewense. « Le plus grand que j’ai trouvé faisait plus de 30 centimètres », raconte l’ingénieure.« La moitié des observations en France métropolitaine est localisée dans le seul département des Pyrénées-Atlantiques », précise un communiqué du Muséum. D’autres spécimens ont été trouvés dans les Alpes-Maritimes, l’Ariège, la Corse-du-Sud, la Gironde, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, l’Hérault, l’Isère, les Landes, la Loire-Atlantique, le Val-d’Oise, le Var, l’Yonne. En 2014, il avait également été repéré en Essonne et dans le bois de Vincennes, à Paris. Alors que l’enquête était à l’origine destinée à la France métropolitaine, des témoignages ont été reçus de nombreux territoires d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, Guyane, Réunion, Mayotte, Polynésie).

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Répartition des spécimens de bipaliinés repérés en France métropolitaine./

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