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« Gilets jaunes » : à Paris, pillages, incendies et affrontements



Des violences ont éclaté dans plusieurs quartiers de la capitale, en marge du rassemblement des « gilets jaunes » samedi 1er décembre.



Dimanche 2 décembre, la préfecture faisait état de 412 interpellations, dont 378 personnes placées en garde à vue et de 133 blessés dont 23 membres des forces de l’ordre.

Un pompier devant des voitures en feu, lors des manifestations des « gilets jaunes », samedi 1er décembre à Paris. 

Un pompier devant des voitures en feu, lors des manifestations des « gilets jaunes », samedi 1er décembre à Paris. / Alain Jocard/AFP

Une barricade flambe au milieu de l’avenue Foch, une des artères les plus chics de Paris. Le brasier est sans arrêt alimenté par des jeunes masqués ou cagoulés, habillés de noir. « Il y a des choses qui m’échappent », lâche Daniel, abrité sous son parapluie. Ce samedi 1er décembre, ce sexagénaire parisien était venu au rassemblement des « gilets jaunes », en sympathisant de leur cause. « Je suis retraité, je comprends le ras-le-bol des gens, mais quand on voit ça, c’est stupide, cela ne changera rien. »

La violence s’est déchaînée autour des Champs-Élysées

Le même type de scène s’est répété dans l’après-midi à Paris dans plusieurs secteurs entourant les Champs-Élysées. Contrairement à la semaine précédente, la célèbre avenue avait été cette fois totalement sécurisée par un important dispositif policier pour permettre à ceux des gilets jaunes qui voulaient s’y rassembler de le faire. Et un rassemblement s’y est bien déroulé dans le calme. Mais c’est tout autour que la violence s’est déchaînée. Notamment place de l’Étoile.


Gilets jaunes, qui sont ces Français entrés en « sécession » ?

Au pied de l’Arc de Triomphe, tagué de slogans, des heurts n’ont cessé d’éclater entre des centaines personnes, dont beaucoup portaient des gilets jaunes, et forces de l’ordre. Masques et lunettes, la plupart sont équipés en conséquence. Certains ont pénétré dans le monument et ont totalement vandalisé les guichets d’accueil, au rez-de-chaussée. « Mais ils ont tout cassé dedans, témoigne un gilet jaune, qui vient de sortir du bâtiment. Je ne comprends pas, c’est quand même notre patrimoine. Quel gâchis. »

Des voitures brûlent, des vitrines explosent

Non loin de là, des voitures brûlent, des scooters flambent, des arrêts de bus sont ravagés, des jardinières sont renversées, des distributeurs bancaires sont vandalisés et des vitrines explosent, sous des coups de boutoirs, tandis que des pavés sont arrachés pour fournir des projectiles. Des barrières de chantiers servent à constituer des barricades. Et des petits groupes se déplacent, d’une rue à l’autre. Certains portent des bas de treillis, renforçant l’impression de guérilla urbaine.




Alain, lui, est habillé d’un gilet jaune. Il a préféré s’éloigner de la place de l’Étoile et se trouve avenue Victor-Hugo, avec quelques amis venus comme lui de l’Essonne. « J’ai fait beaucoup de manifestations dans ma vie, mais je n’ai jamais vu ça, témoigne le sexagénaire. Ils ont protégé les Champs, mais c’est pire ailleurs. Castaner n’a pas fait son boulot. Cela donne une mauvaise image du mouvement. Mais à force de ne pas nous entendre, cela flambe. »

« La violence est à la mesure de celle que l’on nous inflige »

Régulièrement, les forces de l’ordre lancent des gaz lacrymogènes et chargent pour tenter de « reprendre » l’espace public. Un homme masqué par une cagoule recule. Une boîte de puzzle tombe de son blouson. Il l’a ramassé dans un magasin. « Je ne suis pas un casseur, je l’ai pris pour ma copine », se justifie ce jeune homme. Originaire de Millau, il est venu de Châteauroux où il est ambulancier. Lui aussi est entré dans l’Arc de Triomphe. « C’est vrai, tout est cassé, ça m’a fait mal au cœur, dit-il. Mais la violence est à la mesure de celle que l’on nous inflige. »

À la nuit tombée, les pillages se multiplient. Avenue Victor-Hugo, une silhouette sort avec quatre bouteilles d’un caviste, dont la devanture a été éventrée. « Voleur, voleur, tu n’es qu’un voleur », lui crie un jeune homme depuis le trottoir d’en face. Pendant ce temps, 50 mètres plus loin, d’autres ont en train de s’attaquer à une autre vitrine. En plein Paris.


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