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Le plan du gouvernement pour désengorger les prisons



La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, annonce ce mercredi son plan prison. Avec un objectif principal : privilégier les alternatives à la détention pour les courtes peines.





Comment lutter contre la surpopulation carcérale, sans multiplier le nombre d’établissements pénitentiaires ? C’est la question que doit résoudre la garde des Sceaux, à l’heure où le nombre de détenus en France a atteint un nouveau record cet été, avec près de 71 000 personnes incarcérées.Initialement, Emmanuel Macron s’était engagé à construire 15 000 places de prison durant son quinquennat. Sachant que la nature ayant horreur du vide, la multiplication des cellules se solde souvent par une hausse du nombre de détenus. Finalement, l’objectif a été ramené à 7000 en 2022.Au-delà de l’immobilier, le président avait alors martelé, lors de son discours d’Agen, au printemps, qu’il convenait plus que jamais de s’interroger sur le sens de la peine : « On fait de la prison l’antichambre de la récidive, déplorait-il. Un lieu où la violence que l’on devait endiguer se multiplie. »

L’emprisonnement banni en dessous d’un mois

Le plan prison de Nicole Belloubet, présenté mercredi matin en conseil des ministres, mettra ainsi largement l’accent sur les courtes peines, ces quelque 90 000 condamnations annuelles d’un jour à six mois de prison, lesquelles contribuent à l’engorgement des maisons d’arrêt. Selon toute vraisemblance, il sera donc annoncé l’instauration d’une nouvelle échelle de peines.

Principale mesure : l’emprisonnement sera banni en dessous d’un mois. D’un à six mois, le principe serait que la peine prononcée soit exécutée à domicile avec bracelet électronique, dans un centre de semi-liberté ou via un placement « extérieur », dans une association, par exemple. Selon une « étude d’impact », cela permettrait de réduire de 8 000 le nombre de détenus à l’horizon 2 022.

Autant de mesures qui seront actées via le projet de loi de programmation de la justice 2018-2022, lequel passera début octobre au parlement. Sur la forme, beaucoup considèrent d’ailleurs que c’est un problème.

« En effectuant ces annonces avant que les parlementaires ne se prononcent, on occulte le débat démocratique », déplore Marie Cretenot de l’Observatoire international des prisons (OIP). Wilfried Fonck, secrétaire national du syndicat Ufap/Unsa, ne dit pas autre chose : « Ces annonces se font dans l’urgence, et la question du sens de la peine ne sera pas abordée au Parlement. Alors même qu’il faudrait inscrire dans le marbre que la lutte contre la récidive doit être une mission de l’administration pénitentiaire. »

Mettre les moyens sur les peines aménagées

Pour la mener, la Chancellerie souhaite également mettre l’accent et les moyens sur les établissements ou quartiers dédiés à ces peines aménagées. Nicole Belloubet visitera mercredi après-midi celui de Villejuif (Val-de-Marne). 2 100 places supplémentaires de « préparation à la sortie » sont par ailleurs prévues, sur 24 sites, dont 8 en Ile-de-France.





« Ça reste un peu de ci, un peu de ça, tacle Marie Cretenot. La nocivité de la prison est connue, et reconnue dans le discours politique. Mais on ne va pas au bout de la logique. La prison reste la norme par rapport aux peines alternatives. » D’autant qu’au-delà du « principe », les tribunaux, comme les juges d’application des peines (JAP), pourront toujours prononcer des peines fermes entre un et six mois. « Est-ce que ce plan est une bonne chose ? L’avenir le dira », nuance Wilfried Fonck.

A l’heure actuelle, la France reste l’un des pays d’Europe qui incarcère le plus, à hauteur d’un détenu pour 1000 habitants, contre 0,8 en Allemagne, par exemple.

1 100 surveillants supplémentaires

Au-delà des courtes peines, ce sont plusieurs autres mesures qui, selon nos informations, devraient être annoncées ce mercredi. Côté effectifs, 1 100 surveillants supplémentaires devraient être recrutés, et environ autant de conseillers d’insertion et de probation. « Leur affectation dans les nouveaux dispositifs ne fera pas réduire drastiquement le nombre de dossiers dont est chargé chaque conseiller, aujourd’hui toujours autour de 120 », anticipe toutefois l’OIP.





10 M€ ont par ailleurs déjà été affectés en 2018 à une amélioration de la sécurité. Sur ce point, un classement des établissements sera effectué, comme demandé par les syndicats de surveillants.

Côté matériel, des investissements seront effectués sur les « dotations spécifiques », dont la liste a été établie par ces mêmes syndicats. Ils réclamaient l’attribution de « passe menottes », de « gants anti-coupures », mais aussi de gilets pare-balles plus adaptés aux déplacements, à la morphologie homme-femme, ainsi que, toujours pour les déplacements, des téléphones portables géolocalisables. « Plus globalement, il est urgent de rendre notre métier de surveillant plus attractif, avance le syndicat Ufap-Unsa. Mais il faudrait encore plus de moyens pour être crédibles lorsque l’on demande aux nouveaux venus de réussir là où tout le monde a échoué. »

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Source : le parisien.fr

 

 

 

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