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L’euro a 20 ans : les craintes sur la monnaie unique étaient-elles justifiées ?



Sam,

 

Il y a 20 ans, on essayait tous de se mettre en tête sa parité – 1 € = 6,55957 F – avant de l’utiliser trois ans plus tard.




Voilà 17 ans que nous l’avons en poche, concrètement, en remplacement des francs. Mais 20 ans qu’il est né, utilisé d’abord dans les transactions entre banques. C’était le 1er janvier 1999. Notre journal y consacrait sa Une et les trois pages suivantes : la naissance de l’euro. Olivier Ranson, notre dessinateur qui croque toujours l’actualité dans nos colonnes, représentait trois hommes : Jacques Chirac, Dominique Strauss-Kahn et Wim Duisenberg. Un président de la République, un ministre des Finances et un président de la Banque centrale européenne qui, à des degrés très différents et chacun à sa manière, auront marqué l’histoire. Reste l’euro, notre monnaie, unique devise de 19 pays de l’Union européenne (UE), que nous ne sommes pas près de changer.



Les « pro » et les sceptiques alignaient avantages et inconvénients d’avoir une monnaie unique. Avaient-ils raison ?

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La peur du grand bug

Faux. En 1992, quand avec le traité de Maastricht, onze pays de l’UE se mettent d’accord pour créer une monnaie unique, qui faciliterait les échanges dans la zone, la crainte de l’an 2000 est très présente. Comment les ordinateurs qui régissent déjà nos vies vont-ils passer de « 99 » à « 00 » ? Le calendrier de mise en œuvre de l’euro est donc choisi par rapport à ce grand spectre, un an avant le changement de siècle pour les banques, deux ans après pour les particuliers. Et finalement, à l’exception de quelques entreprises qui ont tardé à convertir leurs informatiques, tout s’est bien passé.




Faux. Pour ceux qui avaient connu les anciens francs, pour ces grands-mères cajoleuses qui glissaient dans la poche de leurs petites-filles « une pièce de 1 000 francs » en pensant leur faire un cadeau exceptionnel (en réalité 10 francs, soit 1,50 €), un choc psychologique s’annonçait. Les débuts ont été difficiles pour tout le monde. Longtemps on a converti pour revenir à une réalité connue. Le cadeau d’entreprise n° 1 de cette période était la petite calculette qui permettait d’une touche de savoir combien coûtaient, en francs, telle paire de chaussette, un kilo de pommes, une voiture diesel etc. Finalement, plus personne ne compte en francs.

Les prix allaient grimper en flèche

Faux. Une étude de l’Insee sur 40 ans de pouvoir d’achat, publiée il y a un an, a démonté cet argument, fréquent, que l’euro a fait bondir les prix. Avant l’euro, une baguette coûtait 0,66 euro. Après, 0,68 euro. Depuis, le prix moyen a augmenté, année après année, à 0,87. Ce sont à peu près les mêmes proportions pour un litre de lait. Le sucre en poudre, en revanche, a baissé : de 1,31 euro avant 1999 à 1,05 le kilo aujourd’hui. Dans le même temps, les salaires ont augmenté : en mars 1999, le smic valait 679,47 euros. Ce 1er janvier, il est passé à 1 521,22 €.

L’euro a permis de stabiliser les prix en Europe, et en France, bien plus que dans les années 1970 et 1980, comme le révélait une autre étude de l’Insee en mai 2017, montrant une inflation moyenne de 1,4 % par an.



Restent les « prix psychologiques », chiffre rond avant, chiffre rond après, qui, eux, ont bien augmenté. Ainsi, un croissant, un café au comptoir ou une barre chocolatée vendus 5 francs ont-ils immédiatement affiché le prix de 1 €. Soit une hausse immédiate de 30 %. Cet effet a joué sur les produits du quotidien tandis que les achats exceptionnels – informatique, électroménager – coûtent moins cher.


Source : Leparisien.fr

crédit photo : Shutterstock

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