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Sans toit, ils vivent dans une tente avec leur fille



Tout ne s’est pas passé comme prévu. » Venue en Vendée pour un CDI, cette famille a été mise à la rue par la personne qui les hébergeait. Ils vivent dans deux tentes, plantées dans un champ.

Dans un chemin de terre, sous des arbres, deux tentes et une voiture. Cela fait une semaine et demie que Sylvie et Fred dorment ici, dans un champ à Challans. Sur une table de pique-nique bleue, ils finissent un repas cuisiné au réchaud, avec les aliments conservés dans l’arrière de la voiture. Plus loin, Frédéric a aménagé un genre de douche, avec une pompe et de l’eau qu’ils font chauffer au soleil.


« Tout nous a été prêté par des amis. À part la tente de notre fille », explique Frédéric. Celle-ci, à 14 ans, dort dans sa tente verte la nuit et se rend au collège durant la journée. « Ça lui permet de prendre l’air un peu, de penser à autre chose. Même si c’est vrai qu’elle est extra et prend les choses plutôt bien », sourit Sylvie.

« On a trop peur qu’on nous enlève notre fille »

Originaires de Mayenne, ils voulaient venir en Vendée depuis quelque temps déjà : quand Sylvie a obtenu un CDI comme assistante ménagère à Challans en mars, elle n’a pas hésité. Un membre de sa famille l’a hébergée, puis a accepté que son mari, sa fille et leurs deux chiens viennent chez elle, à Saint-Étienne-du-Bois. Mais cela n’a duré qu’un temps : des conflits ont vite ressurgi.




« J’ai perdu 16 kg en un mois, décrit Sylvie. C’était des disputes, des menaces aussi parfois… On ne comprend pas : on aidait pour le loyer, on faisait le ménage, on s’occupait des animaux, etc. » Des amis sont intervenus pour faire de la médiation : la famille avait quinze jours pour trouver un autre logement.

Une voiture, deux tentes et une douche bricolée : Sylvie et Frédéric espèrent en finir rapidement avec ce campement de fortune. (Photo : Ouest-France)

Dans l’urgence, ils ont donc démarché plusieurs associations de Challans, des logements sociaux, la mairie… « On les a orientés vers le CCAS, confirme la Ville. Mais il n’y a pas de logements d’urgence disponibles. Leur demande est en cours d’étude. » Pour Sylvie et Frédéric, il n’y avait alors pas d’autre choix que ce camping sauvage.

Après une première nuit sur un terrain vague, ils ont maintenant installé leur tente dans cette allée de terre. « Et avec ce que nous ont dit certains responsables, on n’ose plus aller vers certains organismes… On a trop peur qu’on nous enlève notre fille. »

« On ne demande pas d’argent »

Le pire sentiment pour eux, c’est de savoir qu’en plus, ce n’est pas vraiment l’argent qui leur pose problème. Sylvie a son CDI, Frédéric est au RSA mais veut se mettre dans une agence d’intérim… « Financièrement, on est juste mais ça va, on y arrive, on se débrouille, raconte le père de famille. On peut payer un loyer à 450 €, et les patrons de Sylvie veulent même servir de caution. »

Seulement, quand ils se sont tournés vers les agences, ils ont trouvé porte close : « Un seul salaire et deux chiens, tout le monde nous recale. » La famille a été choquée quand des associations leur ont dit qu’ils valaient mieux se séparer de leurs animaux.

La douche. (Photo : Ouest-France)

La situation de la famille est précaire mais les parents savent qu’ils ne sont pas les plus à plaindre : les patrons de Sylvie leur payent un garde-meubles pour conserver leurs affaires à l’abri, ils autorisent leur fille à se doucher chez eux, et leur laisse faire la lessive dans leur lave-linge. Ils ont aussi contacté le propriétaire du champ, qui a accepté ce camping de fortune.



« On fait attention à la propreté, par respect et pour l’hygiène. Pour l’instant, ça va, mais ce n’est pas vivable à long terme. On ne mendie rien, on ne demande pas d’argent, répète Frédéric. On veut juste qu’on nous laisse louer quelque chose, avoir un toit au-dessus de notre tête pour reprendre notre vie là où elle était. »

Source et photos : Ouest France

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